Girolata

Le Girolata est un navire appartenant à la Compagnie méridionale de Navigation. Construit pour Minoan Lines, compagnie grecque, en 1995 aux chantiers Mek. Versteder en Norvège (coque faite en Suède aux chantiers Bruces) il est acheté en 2002 pour la ligne Marseille-Ajaccio, remplaçant ainsi le Santa Regina. En 2016, les lois sur l'envahissement de l'eau l'ont contraint à fermers les ouïes latérales de ventilation, lui interdisant de fait le transport de marchandises de classe 1. Au vu de l'éviction de le CMN par la Corsica Linea sur l'actuelle DSP, il est affrété en 2020 à GNV pour la ligne Civitavecchia-Palermo, puis est tranféré dès 2021 à la nouvelle ligne internationale de la CMN, Marseille>Tanger. 

Le premier reportage montre le navire aux larges des goudes un matin de septembre 2019.

press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
1/1

Voici également quelques images de l'intérieur, ainsi qu'un aperçu de ses différentes livrées. La première fut remplacée par une livrée transitoire en 2010, puis par la bleue claire, avant l'actuelle, de 2011 à 2016.

press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
press to zoom
1/1

BONUS : GENESE DU GIROLATA !!!!!!

    En 1999, la Compagnie Méridionale de Navigation se voit dans l’obligation de renouveler un navire de sa flotte : le Santa Regina. En effet, le navire construit en 1985 au chantiers très réputés du Havre, se  montre dépassé par les nouveaux enjeux à l’aube du XXIeme siècle : le transport de passagers.  Il est de plus d’une capacité très restreinte au niveau du fret, cheval de bataille de la compagnie. Car l’Office des Transports  de Corse (OTC), implique aux compagnies concessionnaires du Service Public, à l’instar de La Méridionale, des obligations moyennant subventions. Par exemple depuis 1988, les cargos mixtes doivent transporter un minimum de passagers, et la capacité se devra d’être accrue à l’horizon 2002. Pour palier à ces contraintes, la Méridionale dispose donc de trois navires : le Kalliste, fleuron incontesté livré en 1993, dessert la ligne phare de la Compagnie : Marseille-Bastia. Ce navire est issu du projet Rauma, qui prévoyait la commande de deux navires identiques pour la SNCM et la CMN. Après un appel d’offres dans plusieurs chantiers, les navires seront construits séparément et non identiques mais semblables car répondant au même cahier des charges. Il remplaçait le Girolata, un fréteur pur acheté d’occasion qui descendait de la lignée des cargos rouliers employés depuis 1937, date de la première traversée Marseille-Corse de la CMN, tels les Brescou, Ville d’Ajaccio ou encore Rhône par exemple.  Pour la ligne Marseille-Ajaccio, c’est le Scandola qui est acheté cette année, remplaçant le vieux Porto Cardo mis en service en 1979, et qui termina sa carrière lors d’un tranport de troupes en  Albanie. Il n’avait pas de bulbe, et sa transformation de 1988 était bien maigre pour affronter le trafic.  Le Scandola, lui, fut construit en 1992 aux pays-Bas, et fait partie d’une série de sept sisterships, tous cargos-rouliers, mais le Ionian Star, futur Scandola, fut transformé en petit cargo mixte de 150 mètres de long. Cependant, il s’avère vite insuffisant pour la ligne d’Ajaccio. Enfin, le Santa Regina n’est pas en capacité de subvenir à sa nouvelle desserte depuis la venue du Scandola : Marseille-Propriano (et Porto Torres en prolongement, depuis 1992, initialement pour le transport des véhicules Renault).

C’est dans cette conjoncture que la CMN se met en quête de trouver un navire de forte capacité passagers, à haut niveau de service, et relativement récent. Très vite le choix se porte sur l’Aretousa de 1995 de la Minoan Lines, compagnie grecque. Un superbe navire de 177 mètres de long, 1200 passagers, piscine et d’une vitesse de 24 noeuds. Le navire continuera son exploitation en Grèce jusqu’en janvier 2002, date de son arrivée à Marseille. Des travaux seront effectués sur place (condamnation de la rampe avant, ajout d’un car-deck en lieu et place de cabines, et, plus tard, la suppression de la piscine). On vendit le Santa Regina; le Girolata était là.     

 

      Le navire fût construit aux chantiers Bruce à Landskrona, en Suède, mais sa coque a été construite initialement aux Chantiers Fosen à Trondheim en Norvège. Son acquisition et les travaux coûtèrent au total 61 millions d’euros. A la suite d’environ deux mois de cette remise en conformité, il fût baptisé en grande pompe le 6  Mars 2002, par Madame Marie-Agnès Lemor, marraine du navire, épouse de Francis Lemor, président du groupe STEF.  Après quelques traversées sur la ligne Marseille-Bastia, le navire est déployé sur la ligne Marseille-Ajaccio. En effet, disposant d’une capacité moindre en fret que le Kalliste, il est préférable que ce dernier, de capacité fret plus grande, reste sur la ligne phare. D’autant que comme l’avait prévu l’OTC, il a vu sa capacité passager s’accroître à 500 au cours de l’hiver 2001-2002, grâce à l’ajout d’un module arrière à Brême. Dès lors le Girolata est le plus grand navire desservant l’Ile de Beauté. Il offre en plus un renfort un Samedi sur deux sur la ligne de Propriano, nouvellement affectée au Scandola. Il est le nouveau fer de lance de la Compagnie qui voit en lui un moyen de diversifier son offre, en misant désormais sur l’irréprochable qualité des prestations. Des espaces communs somptueux, des cabines confortables, 3 bars, 2 formules de restauration, de grands ponts promenades, et un niveau de confort excellent grâce à une carène effilée, qui lui permet une grande rapidité, et une stabilité excellente. Il est en outre très bien pensé pour la facilité d’exploitation : Il dispose de deux vastes ponts continus réservés aux passagers, plutôt que trois. Mais ses origines de transbordeur se font ressentir niveau fret : il ne dispose pas de plage arrière réservée aux camions dangereux, mais seulement d’un pont continu ventilé, ce qui est singulier sur les lignes Corses. Le navire reste parfaitement adapté à sa ligne d’Ajaccio, et il y restera sans modifications majeures pendant des années.

    Quelques événements vinrent jalonner sa carrière, mais rien de perturba son service, si ce n’est une avarie machine en 2004 par tempête, ou bien le secours de quelques voiliers en déperdition. Cependant, en 2006, la SNCM est privatisée, ce qui entraîne bien des rebondissements. L’entreprise vend ses parts de la Compagnie Méridionale de Navigation qu’elle détenait, au profit de STEF. De plus, lors de l’appel d’offre pour le Délégation de Service Public, la CMN s’allie à la Corsica Ferries, avant d’y renoncer. Mais la SNCM avait loué un navire pour pallier ce manque, et le rapprochement n’ayant pas eu lieu, ce navire se retrouve sans affectation puis finalement vendu. Mais pour remplacer le Monte Cinto (sistership du Santa Regina), totalement dépassé, la SNCM fait appel à un navire dont l’histoire et les caractéristiques sont comparables au Girolata : Le Jean Nicoli, ex Pasiphae Palace de Minoan Lines, construit en 1998, et qui possède comme seule différence notable une longueur de 200m et une conception légèrement plus moderne. Il devait initialement être déployé sur Port Vecchio mais sa longueur est telle qu’il lui faut un remorqueur et, ironie du sort, il sera donc affecté toute la basse saison sur Ajaccio. On assiste à un schéma inouï, où deux navires ayant étés séparés se retrouvent sur des lignes françaises sept ans après !!

 

   Entre temps, le Girolata a été le premier navire de la CMN à recevoir une peinture siliconée sur sa carène. Elle réduisit la résistance aux frottements du navire dans l’eau, l’accrochage de coquillages sur la coque, et possède une durée de vie plus longue. Ainsi le navire gagne en rapidité et consomme moins. Il sera suivi par la suite par nombre de navires.