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Lineas Suardiaz : l'espagnol face aux géants

L’histoire de Suardiaz en tant qu’entité maritime commence dès la fin du XIXᵉ siècle avec Antonio Suardíaz Valdés (1868–1939), originaire de Villaviciosa dans les Asturies. C’est lui qui pose les premières pierres du futur groupe en investissant dans le transport maritime.

Dans les premières années du XXᵉ siècle, Antonio Suardíaz commande la construction de son premier navire en acier dans un chantier naval asturien : le vapeur “Antonio López”, établi comme un navire côtier opérant du charbon et d’autres marchandises autour de la côte nord espagnole.

Au fil des années, malgré les crises économiques comme celle de 1929, la flotte se développe avec la mise en service de petits navires côtiers au nom évocateur (“Sancho Panza”, “Cervantes”, “Don Quijote”, etc.), dédiés au commerce côtier et au transport de fret.

Après la mort d’Antonio, l’entreprise passe entre les mains de sa sœur Cristina Suardiaz Valdés et de son mari . Ce couple transmet ensuite le flambeau à leurs fils qui modernisent et développent significativement les opérations dans les années 1940. C’est dans ce contexte, entre 1943 et 1945, que la compagnie maritime moderne Suardiaz est fondée à Madrid. Elle ne se contente plus du cabotage, mais se structure en groupe de services maritimes et logistiques complets tout au long des années 60 et 70.

Velasquez 1983-2010. Photo Graham Darling

Au cours des années 1990 et 2000, sous la direction de dirigeants comme Juan Riva, Suardiaz lance un important plan de renouvellement de flotte en introduisant de nouveaux navires rouliers modernes. Ce développement vise à répondre à la demande du transport automobile et industriel en Europe et au‑delà.

Suardiaz développe des lignes régulières Ro/Ro entre plusieurs ports stratégiques de l’Europe, de l’Afrique du Nord et de la Méditerranée. Parmi elles :

·        Espagne ↔ Afrique du Nord

·        Espagne ↔ Royaume‑Uni

·        France (Saint‑Nazaire, Nantes) ↔ Espagne (Vigo)

·        Barcelone ↔ Îles Canaries

·        Italie ↔ Algérie

·       Italie ↔Espagne ( en partenariat avec Grimaldi).

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Cette série de navire est la plus emblématique de Suardiaz. Des petits navires adaptés aux ports secondaires pour une desserte réactive au plus près des besoins

Les autoroutes de la mer 

La compagnie devient alors un acteur clé des “autoroutes de la mer” européennes, spécialement entre la France et l’Espagne à travers le golfe de Gascogne. Ce concept d’autoroutes de la mer est développé au milieu des années 2000 par l’Europe. Le concept est simple : partout où cela est possible, subventionner le trafic maritime pour désenclaver les routes des camions omniprésents. De nombreuses compagnies sont retenues, dont DFDS, LD Lines, Grimaldi, et donc Suardiaz qui s’allie à ce dernier sur les lignes des Canaries, Grimaldi récupérant l’expertise du fret non accompagné de Suardiaz, et Suardiaz le présence forte de Grimaldi sur les lignes régulières Espagnoles. Las, ce système prend fin progressivement après la crise de 2009 pour se retirer carrément en 2014, entraînant d’ailleurs dans sa chute le français LD Lines, filiale de Dreyfus.

Dreyfus (LD Lines), Grimaldi, les deux ensemble (GLDA), ou encore Suardiaz : de nombreux candidats aux autouroutes de la mer (Ici St-Nazaire). 

Les projets des autoroutes de la mer. Sur tous ces projets, seulement les liaisons France-Espagne, France Italie, Italie-Tunisie et Tunisie-France ont vu le jour avant l'arrêt définitif en 2014. 

Suardiaz conserve cependant la ligne Espagne France en dépit de l’absence de subventions, grâce à l’adaptabilité de sa flotte récente, notamment la série récente construite au chantier de Vigo en Espagne dès 2003, emmené par l’Audace. C’est cette série qui représente le mieux cette petite compagnie à l’échelle des cadors du transport de fret non accompagné, mais néanmoins bien implantée dans son milieu. Une série de navires compris entre 135 et 145 mètres, construits en Espagne, pour l’Espagne, et qui s’adapte à tout ce qui fait la particularité des petits ports européens. Des navires à taille humaine pour le fret non accompagné, pour les usines automobiles espagnoles, et pour tout un tas de choses qui font que l’Europe est l’Europe. Et la force de Suardiaz est d’avoir réussi à devenir, en plus d’une compagnie maritime, une véritable entreprise de manutention, qui gère l’approvisionnement du point A au point B en toute transparence pour le chargeur. Pas mal, Antonio, non ?

Si les petits rouliers sont le nerf de la guerre, Suardiaz a déjà affrété de gros car-carrier à l'occasion. 

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